Fosse commune près de Kinshasa : l'ONU recommande l'exhumation des corps


Législation autour de la mort exhumation

Date de publication : 16/04/2015 00:00

Fosse commune près de Kinshasa : l'ONU recommande l'exhumation des corps

(AFP 15/04/15)

José Maria Aranaz (g), Directeur du bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme en RDC et Martin Köbler (d), représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour la RDC

L'ONU a indiqué mercredi avoir recommandé aux autorités de la République démocratique du Congo de procéder à l'exhumation des corps inhumés dans une fosse commune récemment découverte près de Kinshasa afin de faire toute la lumière sur cette affaire qui alimente la polémique dans le pays.

"On a recommandé de faire l’exhumation mais c’est aux autorités de prendre toutes les mesures qui rassurent la population pour combattre les rumeurs", a déclaré à la presse José Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme (BCNUDH) à Kinshasa.

"Il faut faire tous les efforts pour faire la lumière [sur] cette affaire. Ca veut dire [qu’il faut] rassurer» et montrer « à la société civile, à la communauté internationale qu’il n’y a rien à cacher", a ajouté M. Aranaz à propos de la découverte macabre faite à Maluku, à 80 km au nord-est de la capitale congolaise.

"J’espère qu’on verra ça à la conclusion de l’investigation et que tout [le monde] sera rassuré [sur] ce qui s’est passé à Maluku", a-t-il encore déclaré.

Les autorités de Kinshasa ont déjà indiqué que la décision d’exhumer ou non les corps revenait au procureur du parquet chargé de l’enquête.

Selon les autorités, 421 corps présentés essentiellement comme ceux de foetus, d'enfants mort-nés, ou "d'indigents" ont été enterrés dans la nuit du 18 au 19 mars près du cimetière de Maluku pour désengorger la morgue centrale de Kinshasa.

Les autorités affirment que les enterrements collectifs de ce genre sont fréquents dans une ville de dix millions d'habitants, la plupart vivant dans le plus grand dénuement, et où, selon elles, 600 personnes environ meurent chaque jour.

La découverte de la fosse a alimenté des rumeurs selon lesquelles celle-ci pourrait abriter des victimes des troubles ayant éclaté en janvier dans plusieurs villes du pays contre un projet de révision de la loi électorale, depuis lors votée et promulguée. Plusieurs dizaines de personnes avaient péri dans ces violences, essentiellement à Kinshasa.

Alors que le gouvernement appelle à ne pas aller "de surenchère en surenchère", l' Union européenne a demandé une enquête "crédible" et "transparente" sur la fosse, de même que l'opposition et de nombreuses associations congolaises, et les organisations de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch et Amnesty International.

Lundi, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo a estimé qu'il y avait "eu peut-être des erreurs administratives dans le processus de l'enterrement", mais que "dans le fond" il n’y avait "rien à craindre parce que l’enterrement des personnes était justifié".